Le divin monde du cinéma

By 28 octobre 2016 juin 14th, 2018 19 - Paris 2016, Projections, Promotions 2016

Marc-Benoît Créancier, producteur de « Divines », et Brigitte Arkin, déléguée générale de l’association « Cinéma pour tous ».

Les conférences de cette Université d’Automne de l’Institut de l’Engagement se sont clôturées par une rencontre entre les lauréats et le producteur du film de Houda Benyamina, Divines, qui a reçu la Caméra d’Or au festival de Cannes. Il a été interrogé dans un premier temps par Brigitte Arkin, la déléguée générale de l’association « Cinéma pour tous » dont nous avait parlé Isabelle Giordanno lors de l’Université d’été.

Au fil de la discussion, Marc-Benoît Créancier s’est révélé à l’opposé des clichés sur le métier de producteur : une personne qui choisit de donner généreusement des sommes d’argent à ses amis artistes dans le pétrin, tout en fumant le cigare. Marc-Benoît Créancier est un homme qui a choisi, après avoir abandonné les scènes de danse et de théâtre, de faire de l’art à sa façon, dans « l’ombre » comme on dit souvent. Il a décidé de soutenir par la recherche de fonds les projets cinématographiques qui lui tiennent à cœur.

C’est en tant qu’auteur de film que Marc-Benoît Créancier a eu son premier contact avec le métier de producteur. Après deux ans de stage en production, il intègre la prestigieuse école de la FEMIS, dans laquelle il se forme pendant quatre ans. Le métier de producteur est spécial par sa nécessité de savoir parler le langage de tous les métiers du cinéma. « Le producteur est un spécialiste de rien qui a les connaissances de tout », nous dit-il.

Concernant les films qu’il produit, il choisit sans aucun doute le réalisateur avant le film, comme c’est souvent le cas pour les films d’auteurs, comme c’était le cas pour Divines.

Avant la projection du film, les lauréats ont eu quelques questions pour le producteur :

Que pensez-vous des Web-série sur YouTube ?
Marc-Benoît Créancier a fait son mémoire de la FEMIS sur le Trans web. Les Web-séries sont une technique d’autoproduction sans aucun doute très courageuse mais la question qui se pose est : comment émerger face à la multitude de YouTubeurs ?

Avec le recul, les scénarii que vous avez proposés aux producteurs à l’époque valaient-ils vraiment la peine d’être produit ?
Au commencement, Marc-Benoît Créancier est arrivé en décalage avec le monde du cinéma et sans réseau, ce qui n’aide pas beaucoup pour percer. En tant que producteur, il essaye de lire toutes les candidatures qu’il reçoit et de répondre à un maximum mais, honnêtement, une proposition spontanée à moins de 1% de chance d’être retenue. Il n’a cependant jamais relu ses propres scénarii… !

A quel genre cinématographique appartient Divines ?
Le film est financé comme un film d’auteur. Cependant, il présente tout un jeu sur les codes de narration qui le renvoie au cinéma populaire. La recherche de fonds n’a pas été facile du fait de ce balancement entre deux genres.

A propos du personnage de Dounia ? 
Il s’agit en quelques sorte de l’histoire de la réalisatrice. Un jour, un de ses professeurs lui a donné un livre et rien que de marcher avec cet objet dans la main, elle a senti un changement du regard des gens sur elle. C’est ainsi qu’elle a été introduite au domaine de l’art et c’est pourquoi elle a créé l’association « 1000 regards ». Cette association œuvre en faveur de l’accès à la culture des populations qui s’en sont éloignées pour des raisons sociales, économiques ou territoriales.

Et maintenant, place au film !

Texte : Noémie Lalande, lauréate 2016

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