Réactions au documentaire, “Les migrants ne savent pas nager”

Projection du film « Les migrants ne savent pas nager » avec Jean Yves Abécassis et Jonathan Gerecht de l’association SOS Méditerranée

Présentation rapide de l’association SOS Méditerranée

C’est une association récente, qui date de 2015.
20 000 personnes se sont noyées entre 2000 et 2014 de l’Afrique vers l’Europe. Le but de cet organisme est donc d’empêcher ces noyades en sauvant les migrants à bord de leur bateau : l’Aquarius.

Synopsis

Ce film est un documentaire réalisé par Jean-Paul Mari sur le bateau de SOS Méditerranée. Nous « embarquons » donc avec eux (ces sauveurs des migrants), et suivons leur quotidien.

A bord, nous rencontrons des médecins, des infirmières, un photographe, un cuisinier, qui témoignent de leur expérience, de pourquoi ils ont rejoint cette grande aventure.

Et puis, nous assistons à un premier sauvetage. Il y a au moins 130 migrants dans un canot, appelé « zodiac » d’une longueur de 6 mètres. L’urgence est présente, il faut d’abord sauver les femmes et les enfants. Arrivés sur l’Aquarius, le soulagement  se lit sur les visages des migrants. Et pourtant, c’est bien là le commencement de longues épreuves. Certains sont souvent blessés, choqués mais beaucoup remercient Dieu de ce sauvetage.

Sur le bateau, ils seront soignés, nourris et protégés. Par la suite, ils seront récupérés par un autre bateau par des Italiens.

Quelques jours plus tard, on assiste à un deuxième sauvetage : un zodiac rempli de 114 migrants mais cette fois la difficulté ne sera pas la même. Le canot est en train de couler, il ne faut pas attendre plus longtemps. On voit alors les sauveteurs faire tout leur possible pour sauver un maximum de personnes mais malheureusement nous assistons au pire. Deux migrants se noient devant nos yeux. 6 perdront la vie sur ce sauvetage.

Le débat

La salle est bien calme après la diffusion de ce documentaire. L’ambiance est lourde mais les applaudissements chaleureux et reconnaissants envers le réalisateur (malheureusement non présent ce soir).

Les lauréats ont été particulièrement touchés, émus, déstabilisés (surtout par la première scène où l’on voit des corps morts au fond de la mer), et les réactions sont vives. Cette cause a sensibilisé tout le monde, les lauréats avaient besoin de témoigner face à cette thématique d’actualité. Des applaudissements ont parfois couronné ces témoignages.

Les questions ont également fusé.

« Qui est  à bord du bateau ? »
Durant chaque voyage de l’Aquarius, il y a toujours 10 membres de SOS Méditerranée, et 12 membres de l’équipage. L’association Médecin du monde puis Médecin sans frontières ont fait partie du voyage.

« Comment cela vous a-t-il transformé de vivre cette expérience ? »
C’est assez poignant de découvrir l’histoire des migrants. On essaye de leur redonner confiance même si, dans l’Union Européenne, ils ne sont pas les bienvenus.

« Qu’est-ce que vous auriez à dire à vos détracteurs ? »
On leur répond qu’aider les migrants dans leur traversée et les amener chez « nous » ne va pas spécialement accentuer la crise. Ils n’ont pas eu le choix dans leur vie, ils fuient une véritable misère et ils ne sont pas là pour toucher les allocations.

« Qu’est ce qui se passe après pour les migrants ? »
Les sauveteurs perdent de vue les sauvés. Ensuite, ils sont confiés aux centres de tri des populations appelés « hot spot ». Une partie peut être alors reconduite dans leur pays d’origine. Ou bien ils peuvent être éligibles au droit d’asile. Ou encore s’installer en Italie.

« Comment faites-vous pour financer vos sauvetages ? »
On a reçu un prix citoyen européen mais, financièrement parlant, le Conseil de l’Europe nous a donné un chèque qui ne permet d’exécuter qu’une seule journée de sauvetage. Cependant, c’est surtout grâce à l’aide financière des citoyens européens que l’on arrive à sauver des migrants.

« Que faites-vous pour avoir une renommée auprès des personnes ? »
On fait des diffusions de ce film tout d’abord. Et puis on a fait également de la sensibilisation auprès des collèges, souvent accompagnés de migrants pour avoir un discours plus fort.

Conclusion

Je dirais que c’est un film particulièrement puissant qui nous montre la réalité sans filtre de la condition des migrants. On comprend mieux, par leur témoignage, ce qu’ils subissent et notamment en Libye. Les migrants noirs sont torturés à cause de leur couleur ou de leur religion, se font violer, et j’en passe. Ce film nous a fait réfléchir et nous a donné envie de changer les choses à notre niveau face aux injustices.

Texte : Marie Guillan, lauréate 2016
Photos : Kristina Amarandos, lauréate 2016

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