Visite de l’exposition temporaire « Après BABEL, TRADUIRE »

By 14 janvier 2017 juin 15th, 2018 20 - Marseille-Tunis 2017, Activités, Promotions 2016

Certains des lauréats ont eu la chance de visiter l’exposition temporaire, « Après Babel, traduire », avec Barbara Cassin Commissaire générale de l’exposition et directrice de recherche au CNRS, philologue et philosophe.

Dans une ville multiculturelle comme Marseille, cette exposition vient à point car elle aborde à la fois la diversité et richesse des langues de la planète mais aussi les difficultés que nous avons, parfois, à nous comprendre les uns les autres. A travers deux cents œuvres, objets, manuscrits, documents, installations, le MUCEM nous raconte tous les « jeux » et les « enjeux » de la traduction.

Il était une fois Babel…il faut savoir que Babel signifie brouillé, confus, en hébreu. A bon entendeur !

La Tour de Babel, ça nous dit à tous quelque chose mais de quoi s’agit-il? Et bien, après le Déluge, les hommes souhaitent construire une tour si haute qu’elle pourrait atteindre le ciel, mais Dieu en décide autrement ! Et pour empêcher la construction de cette tour, il fit en sorte que les ouvriers qui se croisaient ne parlent pas la même langue…Alors Babel, berceau des langues et début des ennuis ? Oui et non !

OUI, car à partir de là, les langues se sont réparties sur la planète en emportant avec elles leurs problèmes de traduction ! Quand je dis problèmes, je veux surtout parler de ces malaises que l’on a tous connus lorsqu’on essaye de parler anglais avec notre magnifique accent frenchy et qu’en fait, la personne d’en face ne comprend strictement rien !! Eh bien ce n’est pas nouveau ! Aussi anciennes que sont les langues, la traduction l’est aussi !  Et le difficile métier de traducteur également. Pas facile d’être traducteur quand l’adage dit que les traducteurs sont un peu des truands…et oui, ils pouvaient dire et faire dire ce qu’ils voulaient, quand ils voulaient et ainsi engendrer des quiproquos et des contre-sens !

Les hommes ont toujours cherché à se comprendre et à faire passer des messages. La preuve, la pierre de Rosette, les tablettes sumériennes ou égyptiennes sur lesquelles on gravait le même décret, la même loi, dans deux ou trois langues différentes ! Ainsi, plus moyen de dire que l’on n’a pas compris le texte latin ou grec…Malin ! D’ailleurs, en parlant des Grecs, ils sont à l’origine du mot barbare, qui à lui même donné le mot berbère. Ils considéraient comme « barbares » toutes les populations qui ne parlaient pas le grec et dont ils ne comprenaient pas le « blablabla » …

MAIS NON, avec les premiers voyages de découverte et de commerce, dans les villes portuaires, les populations se côtoyaient sans forcément parler dans la même langue. Cependant, certaines langues étaient celles que l’on utilisait pour le commerce, ou la diplomatie (le français pendant longtemps fut la langue de la diplomatie). Les voyages, les grandes découvertes et l’extension du commerce ont permis aux langues de voyager également. Aujourd’hui tout ceci se traduit par le fait que l’on parle presque tous au moins deux langues, dont l’anglais ou le « globish ».

Et qu’en est-il des textes diplomatiques ou encore des grands textes religieux, comme la Bible ou le Coran ? Ce sont là des textes où la traduction-transposition n’a pas sa place, où il faut faire extrêmement attention au sens de chaque terme. Le multiculturalisme a alors donné naissance à des manuscrits traduits en deux langues sur la même page. Pas facile à décrypter…

Un des éléments phares de l’exposition est un écran où Emmanuelle Laborit nous présente avec humour, toutes les facettes des langues des signes. Car chaque langue orale a également sa propre langue des signes ! Le casse-tête chinois !!

A l’heure où nous sommes des « citoyens du monde », cette exposition est une ode aux langues et à leurs idiomatismes mais surtout à la communication et à la compréhension de l’autre ! A découvrir si vous en avez l’occasion !

Texte et photos : Amélie Mateu-Pastor, lauréate 2016

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