Les éternelles joies d’Autrans

By 20 juillet 2017 juin 18th, 2018 22 - Autrans 2017, Promotions 2017, Vu par les lauréats

Capricieuses, au début, les Hyades ont déversé des torrents,
Sur le plateau de ce microcosme, unique, à la marge du temps ;
Mais, malgré un ciel qui n’a pas été des plus cléments,
Il régnait une ambiance magique dans la contrée d’Autrans.

En grand nombre, les Engagés se sont découverts, puis aimés ;
Ils ont tissé, en une semaine, les plus belles et douces amitiés,
Formant une nouvelle famille unie, pleine d’espoir et de paix,
Au détour, de ce formidable instant que rien ne pouvait troubler.

Comment cristalliser ces beaux jours de lumière et d’amour,
Saupoudrés d’un délicat zeste de passions et d’humour ?
Juin dansotant, juillet pétillant : voici les mois de magie,
Qui ont su transporter les beaux Lauréats au Paradis.

C’est l’étonnante histoire d’une rencontre improbable,
Entre des damoiseaux et damoiselles des plus admirables,
Qui ont su prouver qu’une utopie n’était pas que chimère,
Et que l’on pouvait vivre dans des communautés de Lumière.

Emportés par un oiseau de liberté, rêveur et bienveillant,
Par-delà la cime des grands arbres verts et élégants,
Les grands enfants ont embrassé le paroxysme de la Joie,
Dans un élan extatique, qui défient la nature et ses Lois.

Béni soit ce jour, couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Où nos Joyeux Amis ont appris la beauté du mot « ensemble ».
Dans une course effrénée, loin de la fourberie et des méandres,
Ils ont loué l’Infini de leur avoir offert, une idylle qui leur ressemble.

Par-dessus l’horizon diaphane et les collines verdoyantes,
Au fil des jours heureux, le soleil, symbole de l’unité flamboyante,
Se penchait amoureusement sur la terre vertacomicorienne,
Qui abritait nos chaleureux compagnons, telle une Gardienne.

Allongés sur un sol caressant, vers les étoiles, les yeux rivés,
Nous admirions, le soir, la blanche et majestueuse Voie Lactée,
Qui luisait fièrement de sa candide auréole électrisée ;
Par-delà, les frontières de notre toit immense et azuré.

D’un autre côté, la contemplation cédait sa place aux festivités,
Où les cris de joie, les rires, les chants se côtoyaient,
Offrant à l’oreille une symphonie à la fois burlesque et joviale,
Qui compensait le vif ressenti de ces nuits glaciales.

Car oui, c’était l’hiver à Autrans et nous avions bien froid ;
Et pourtant, la chaleur humaine régnait de sa superbe,
Dans un monde où tout n’était que légers émois;
Dans un monde où l’Amour avait manifesté le Verbe.

Dans chacun de nos regards, se reflétait la sérénité de nos coeurs ;
Nous encensions ce présent : ces instants de bonheurs,
Qu’aucune force ne pouvait vilement obombrer.
Dans les firmaments, nous nous adonnions à de lyriques envolées.

Autrans, j’ai vraiment aimé ta grâce et ton rayon charmant ;
En toi, j’ai retrouvé toute ma jeunesse, mon âme enfantine.
J’ai savouré ce plaisir avec mes frères et soeurs de l’engagement,
Au coeur d’une dynamique atypique et quasiment divine.

Rude fut le retour à la réalité, alors que tout me fait songer à toi ;
Autrans, je me languis de ton air, tes prés, tes monts et bois.
En mon coeur, siège un très beau souvenir nommé Amitié,
Dans lequel je me suis lové, posé sur de suaves nuées.

Si dans la vie, nous cherchons les sentiers du poète ;
C’est dans ces monts, et cette clairière calme et muette,
Que l’on trouvera le sens de nos amours et de l’humanité,
Parmi des mirifiques personnes qui ont su, en osmose, cohabiter.

Qu’est-ce qu’ils me manquent ces bruits dans les dortoirs,
Qui pourraient faire pâlir la tonalité des grands gueuloirs.
Viens Flaubert, entendre la voix des espiègles lauréats,
Ramène-toi, tu ne seras pas déçu de ces rires aux éclats !

Mais c’est étrange : on aurait dit un rêve kaléidoscopique,
Où la lumière est fractale avec ces infinités de couleurs;
Un rêve qui aurait capté l’essence du Nirvâna cosmique,
Dans une pureté troublante, nous laissant songeurs.

Allégorie de l’innocence, je me souviens de cette Beauté,
Reine au Royaume d’Autrans, colorée, admirée ;
Elle était comme un voile protecteur dans un cocon,
Qui nous a enveloppés comme si nous étions ses nourrissons.

Je ne suis plus seul dans un univers de merveilles ;
Je suis accompagné d’amis, aussi solidaires que des abeilles.
Avec vous, mes yeux perçaient le lointain et le monde réel,
Comme si nous étions choyés par le Saint Gabriel.

Elles sont éternelles, les douces joies d’Autrans,
Marquées, à jamais, dans la spirale du Temps.
Elles sont l’Idéal de cette chère Nouvelle Héloïse,
Qui prophétisait un monde de paix, tel un Moïse.

Certes, de ce beau voyage, j’en suis sorti exténué,
Mais quitte à revivre l’aventure, je le ferai encore plus motivé.
Vous êtes comme une famille qui m’a prestement adopté,
Et jamais, ô grand jamais, je ne vous oublierai.

Hugo disait « Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs »,
Comme s’il avait déjà connu Autrans, durant sa vie fameuse,
Ou vu notre temps, malgré ces journées fraîches et pluvieuses.
Gloire à notre expérience qui pourrait attendrir les moins émotifs !

Je n’entends alors qu’un râle, un timide murmure de voix ;
Revenez, ne partez pas : Autrans ne peut être éphémère ;
Cherchons les moyens pour en faire notre demeure sur ces terres,
Et vivons à jamais, ici, que je veux nommer mon « chez-moi ».

Après avoir dansé, chanté, je reste là, et je contemple,
Mes mémoires que je dresse sur un autel, dans un temple.
J’ornemente ce sublime Institut de mille fleurs,
Dont les arômes expulsent les peines et les malheurs !

Je dresse une Ode à ces heures heureuses mais fugitives,
Tel un rempart à la triste amnésie des esprits,
Qui ont besoin de respirer les instants présents,
Pour ressentir toute la quintessence du vivant.

Le parfum de la Joie est notre petite âme commune,
Notre précieux trésor, dont nous seuls en connaissons le mystère.
Voici que les séraphins se dressent, sur notre fortune…
Et si c’était ça l’Éden : Autrans, une contrée de la Terre.

A mes amis de tous les horizons, de la Bretagne à Marseille,
Vous êtes tous des Merveilles !

Idriss Naoui

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