Mawaheb, lauréate et intervenante de la Nuit des Idées

By 25 janvier 2018 juin 19th, 2018 24 - Tunis 2018, Promotions 2017, Témoignages

“Pour moi l’imagination est un formidable outil pour vous focaliser sur ce que vous voulez être mais elle est aussi la cause de nos peurs parce que lorsqu’on imagine ça peut mener à penser à des risques que l’on doit prendre. Pour moi imaginer c’est avoir la volonté de réaliser nos rêves.”

Intervenante de la table ronde “Quand la jeunesse entreprend” lors de la Nuit des Idées, Mawaheb, lauréate automne 2017 nous y a relaté son parcours en tant que bénévole et volontaire, et exprimé ses idées. En amont elle me précise que, si elle n’avait pas été au chômage, elle n’aurait pas forcément pensé à s’engager et à ouvrir la porte du monde associatif.

Lors de son discours, elle explique qu’elle a commencé à faire du bénévolat en Tunisie au sein de plusieurs associations. C’est en 2016 que l’association “Tunisian Forum For Youth Empowerment” lui propose de faire un Volontariat de Solidarité International en France, pour une durée de 6 mois, avec la Fédération des Oeuvres Laïques et la Ligue de l’Enseignement. Sa mission concernait la capacité d’accueil des réfugiés en Europe et la situation des mineurs isolés dans le monde, une mission qui lui tenait vraiment à cœur malgré les difficultés qui lui sont liées.

“Le sujet des réfugiés, c’est assez récent, avant c’était les “migrants”, maintenant on parle beaucoup plus de réfugiés”.

Mawaheb nous parle également des projets montés au profit des réfugiés, notamment dans la Jungle de Calais, à Athènes et en Sicile, mais aussi du blog qu’elle a animé, Odysseedesmigrants, afin de rendre compte de la situation des camps de réfugiés en Europe et à travers le monde. C’est cette expérience, dit-elle, qui lui a donné envie de rester dans l’associatif, de s’engager encore plus et de travailler aussi en Tunisie sur ce sujet et tant d’autres qui sont si importants. Elle est maintenant bénévole avec France Volontaires, accompagnant des jeunes qui vont faire un service civique en France afin de les épauler dans leur volontariat.

Lorsque Martin Hirsch lui demande si elle a une idée particulière, un projet qu’elle souhaiterait porter, elle s’exprime sur l’importance des jeunes en politique, en Tunisie :

“Lorsque l’on demande à un jeune tunisien “Tu penses quoi de la politique ?” il répond souvent “Je suis apolitique”. Ils ont peur, ou peut-être honte, d’appartenir à un parti politique. En Tunisie, on voit des personnes incapables de réaliser ce que la jeunesse doit être et faire. L’absence des jeunes en politique, ça laisse la place à des personnes comme cela. Il faut trouver une solution, il faut s’engager, l’essentiel c’est que la jeunesse doit avoir la volonté de s’engager dans la politique.”

Photo : Adélaïde Bichon
Texte : Noëlla Taombé, lauréate Automne 2017.

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