Les coachs coaché-es : atelier teambuilding

Samedi 27 janvier,

Dans un hall de l’université Aix-Marseille, des fiches côtes à côtes sont alignées sur le mur.

Toutes portent l’intitulé d’un atelier.

Laquelle choisir… j’inscris mon nom sur l’une avant d’en découvrir une autre « Atelier Team-building ». Dans sa description, l’atelier nous propose d’être formé-es et de mettre en pratique nos acquis dès le lendemain. Ni une, ni deux, je rature mon nom de la première fiche pour l’inscrire à cet atelier animé par Anne-Fleur BARRET, entrepreneuse et fondatrice de Boom-Up conseil.

Nous y voilà : 20 lauréat-es, qui se connaissent ou pas, à suivre les instructions de la souriante Anne-Fleur. Elle nous guide à la découverte de nous avec un « ice-breaking », qui se révèle aussi être invitation à une rapide introspection pour répondre à la consigne « associer son prénom à un geste qui nous représente ». Certain-es semblent inspiré-es, d’autres moins, mais le jeu se fait, chacun mémorise le « prénom gesticulé ». Une bonne ambiance s’instaure, des rires et comme par magie, nous voici formant un seul et même groupe.

Puis se succèdent plusieurs petits jeux qui demandent à chacun-e de fournir des efforts d’écoute dans le respect et la bienveillance, mais aussi d’apprendre à collaborer.

Le nœud humain, la balle magique et le carré aveugle.

L’objectif de ce dernier jeu était de résoudre un problème ensemble. Nous aurions tendance à nous dire « facile ! » il suffit de comprendre ce qui nous est demandé et d’exécuter, sauf que là, nous sommes plongé-es dans le noir complet, les yeux bandés, le corps balloté dans l’espace. Impossible de nous repérer. Comme si ce n’était pas assez de perdre pied, le problème posé par Anne-Fleur demande que nous réalisions un carré parfait avec une corde qu’elle nous a glissé dans les mains. Faire sans voir ce que nous faisons…

Nous essayons de nous organiser pour atteindre cet objectif commun, seulement comme nous ne voyons rien, la communication en prend un sacré coup. Nous parlons en même temps, certain-es se murent dans le silence face à cette envolée de mots qui paraissent dénués de sens. Nous sentons monter la tension au sein du groupe.

Personnellement je me sens perdue, j’ai des idées dans la tête mais n’ose pas les exposer car pour me faire entendre dans ce flow de mots, ma seule option semble être de crier pour que ma voix couvre celle de la cacophonie. Trop d’effort pour moi, crier, je n’aime pas ça, alors, je me résigne et attends de voir, de savoir ce que les autres décideront pour moi.

Comme si nous n’étions pas assez tendu-es, Anne-Fleur nous ajoute la pression du temps, un chrono qui fait peser la crainte d’un éminent échec.

Avons-nous réussi ? Je ne le dirais pas, ce qui importe dans cet exercice c’est la dynamique de groupe. Nous devions réussir, certes, mais ENSEMBLE. Le collectif que nous formions s’est désolidarisé face à cet enjeu et aux conditions. Nous avons oublié certains de notre groupe sur le bas-côté, d’autres se sont mis-es en avant avec des voix prégnantes au détriment de voix qui parlaient tout bas, voire, qui ne parlaient pas. Aucun-e ne s’est démarqué-e pour proposer des faire une synthèse des idées de départ. Des mouvements ont été fait dans le noir total sans savoir ce qu’ils nous faisaient dessiner.

Être un collectif pour de vrai, revient à s’écouter, que l’on soit suiveur, exécuteur ou leader. La communication et la bienveillance, la confiance et le respect sont des éléments fondamentaux pour nous aider à surpasser n’importe quel obstacle.

Être un groupe pour de vrai, ça ne s’improvise pas. Ça se travaille en continu, car nous pouvons avoir l’illusion d’en être un, sans avoir conscience que nous avons abandonné certain-es des nôtres sur le base côté.

Le team-bulding que nous as fait vivre Anne-Fleur peut se résumer dans ce proverbe, « Seul on va vite, ensemble on va plus loin ».

Et dès le lendemain, c’était à nous 20 de faire vivre cette expérience à d’autres, de transmettre et de recevoir en restant attenti-fs-ves à la qualité du lien.

Texte : Constance Mukenyi, lauréate Automne 2017

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