“C’est mon cliché” ou le master classe de la filière Gouvernance et Engagement

« Croyez en vous, croyez en vos rêves, soyez vous-mêmes », c’est sur ces mots que se termine la vraie-fausse émission de télévision à laquelle les lauréats de l’Institut de l’Engagement ont pu assister lors de l’Université d’hiver à Marseille.

Ils s’appellent Vincent, Françoise, Raphaël,  Rémi et Ludovic, et sont retraités, bénévoles à la Croix Rouge, chef d’entreprise,  délégué interministériel à la jeunesse.

Ils participent tous à l’émission la plus regardée du paf… Bienvenue aujourd’hui sur le plateau de « C’est mon cliché » !

C’est  sous cette forme que débute le travail de restitution de la filière « engagement et gouvernance ». Les lauréats de cette filière ont tous pour point commun d’être jeunes et d’être bénévoles à la Croix Rouge ou l’Association des Paralysés de France et d’y avoir un jour pris des responsabilités.  Cette « quatrième filière » est née du constat qu’il y a, dans des associations, des jeunes bénévoles qui souhaitent prendre des responsabilités, mais qui manquent de méthode, de réseau, de compétences. Aujourd’hui, la Ligue de l’Enseignement et Familles rurales ont rejoint la Croix Rouge et l’Association des Paralysés de France. Cette filière a ainsi un double objectif : donner des outils, renforcer son réseau,  et un accompagnement pour son projet perso.

« C’est mon cliché » est l’occasion pour eux  de présenter la restitution de ce travail.

Ils s’appellent Vincent, Françoise, Raphaël, Rémi et Ludovic. Ils trouvent les jeunes flemmards, paresseux, considèrent que les échanges avec  ces derniers sont parfois difficiles parce que « les jeunes veulent tout chambouler » comme le dit Françoise. Les jeunes, ils « veulent tout changer tout de suite ; |…] on a du mal à les suivre ; […] du mal à leur faire confiance, pour les clefs, la lumière.. ».  Françoise, qui ajoute: « souvent on a besoin d’eux l’après-midi, ce n’est pas possible de les attraper ». Le clou du cliché ? « Le jour où ils sont arrivés avec l’ordinateur pour faciliter les choses ! ». Rémi,  chef d’entreprise, pas non plus en reste lorsqu’il s’agit de clichés, n’a pas l’intention d’engager des jeunes ayant fait du bénévolat, ne voulant pas embaucher  « des gens qui portent des sarouels et mangent des graines » !

A ces clichés sur les jeunes et l’engagement répondent des chiffres et des témoignages. Des chiffres ? Selon une étude réalisée par France Bénévolat, le nombre de  jeunes bénévoles  (15 à 35 ans) est passé de 2.5 millions en 2010 à 3.4 millions en 2016. Une étude DJEPVA  (‘Baromètre DJEPVA sur la jeunesse en 2016’), montre que « 35 % des jeunes interrogés déclarent donner bénévolement de leur temps en consacrant au moins quelques heures à une association ou autre organisation au moins ponctuellement dans l’année ».  Cette même étude que montre que 31% des jeunes qui ne sont pas déjà bénévoles seraient prêts à le devenir. On constate aussi l’émergence de nouvelles formes de bénévolat : bénévolat  ponctuel ou de projet, Service Civique… En 2016, près de 100 000 jeunes se sont ainsi engagés en Service Civique. Une autre étude montre que 80% des associations ayant des jeunes dans leurs organes de gouvernance, à tous les stades, constatent des effets positifs. Au manque de compétences répond la possibilité de faire valider les compétences acquises en association  grâce à plusieurs dispositifs : VAE, le passeport bénévole signé par le responsable associatif, le  compte engagement citoyen. Ainsi, les jeunes s’engagent !

A ces clichés trop souvent entendus, répondent aussi des témoignages des lauréats de la filière engagement et gouvernance. L’un d’entre eux vient,  à 25 ans, d’être élu administrateur à la Croix Rouge, le plus jeune de l’histoire de l’association, avec trois autres jeunes. Une autre, bénévole à la Croix Rouge Française, en reconversion professionnelle, pour qui son engagement associatif a été un boost pour son insertion professionnelle.

Alors, comment valoriser le volontariat ? Comment valoriser l’engagement ? A ces questions, le groupe a formulé plusieurs propositions, autour de deux grande thématiques : comment rendre les jeunes plus responsables dans leurs organisations ? Comment intégrer les jeunes dans la vie active ? Ce travail a été suivi d’une lettre  reprenant ces propositions, qui a été envoyée au Premier Ministre.

Texte : Gianna Pelletier-Sulmoni, lauréate Printemps 2017
Photos : Idriss Naoui, lauréat Printemps 2017

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