Projection-débat « Petit paysan », Hubert Charuel

By 4 juillet 2018 novembre 5th, 2018 27 - Nancy 2018, Projections, Promotions 2017

A l’occasion de la 27ème Université de l’Engagement, nous avons eu la chance de voir le film « Petit Paysan » et d’en discuter ensuite avec son réalisateur, Hubert Charuel.

Petit paysan, c’est l’histoire  d’un homme et de ses vaches. Un homme qui les élève et qui chaque jour en prend soin. Un jour, la maladie arrive. Une maladie purement fictive, inventée pour le film (avec, comme nous le dira le réalisateur, des symptômes de maladies existantes), qui commence à faire des ravages dans un pays voisin.  Autour de cet homme, il y a une ribambelle de personnages. Un paysan qui possède plus de  500 hectares de terrain. Les parents qui  continuent de travailler à la ferme même s’ils ont passé la main à leur fils. La sœur vétérinaire revenue travailler dans la région de son enfance.  L’ami restaurateur qui lui rappelle qu’il n’y a pas que le travail et qu’il peut aussi s’amuser, avoir des loisirs.  La contrôleuse laitière qui ne comprend pas comme une vache peut disparaître du jour au lendemain. L’éleveur qui ayant tout perdu à cause de la même maladie se met à faire des vidéos sur YouTube  pour raconter son quotidien (et notamment l’attente des indemnités pour abattage de son bétail.)

Cette maladie, le personnage principal commence à entendre parler alors qu’elle affecte des bêtes en Belgique. Alors il se met à faire des recherches, de plus en plus, et à redouter de la voir affecter son troupeau. La maladie en question finira par toucher  l’une de ses vaches. Et puis c’est l’engrenage. A la façon d’un thriller, on le voit tout tenter pour sauver son troupeau, jusqu’à l’étape finale, mais pour celles.eux qui ne l’auraient pas vus, on ne dévoilera pas la fin !

Le film a beaucoup plu aux lauréats, et comme d’habitude les échanges qui ont suivis ont été très intéressants.  A cette occasion, nous avons  appris que le film avait été tourné dans la ferme des parents d’Hubert Charuel. Que son père, sa mère, son grand-père et l’un de ses cousins avaient tenu des rôles dans le film (respectivement les rôles du père, de la contrôleuse laitier, du personnage de « Raymond » et du meilleur ami).

Hubert Charuel a donc grandi dans une ferme.  Il  y  a dans son film quelque chose de fantasmé : « qu’aurait été ma vie si je n’avais pas fait du cinéma » ? Ayant grandit à l’époque de la vache folle, il se remémore une époque où il y avait une certaine paranoïa. S’il était soupçonné qu’une vache en était atteinte, c’est tout le troupeau qui était abattu. Pour autant, il a choisi de ne pas situer le film à cette époque, ce qui explique aussi le choix d’avoir inventé une maladie pour le film.

Les vaches, réelles « stars » du film, semblent paisibles et peu effrayées par la caméra, ce qui a étonné certains lauréats. Cela est  en partie expliqué par le fait que dans le programme, une « semaine blanche » était prévue, afin que les vaches s’habituent à l’équipe et réciproquement.

Nous avons aussi échangé à propos des marques que l’on voit dans le dos du personnage principal. Ces marques caractérisent la proximité avec les animaux, lui-même se persuadant qu’il attrape la même chose que les vaches. Le réalisateur est fasciné par ce malaise, ce stress, cette somatisation, qui amène le film à frôler avec le fantastique.

Pour finir, certains échanges ont porté sur la « fabrication du film », le temps que cela a pris… A cette occasion, nous avons discuté montage. Trois monteurs se sont succédé, chacun a amené un peu de sa personnalité. Le film est ainsi à la fois un drame, une tragédie, une histoire d’amour.

Texte : Gianna Pelletier-Sulmoni, lauréate printemps 2017

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