Droit d’un porc

Mesdames et Messieurs, veuillez agréer l’expression de mes salutations désenchantées
Je commence à l’envers, comme le monde que vous faites, et je vous mets tous dans le même panier,
Comme vous, je n’en fais qu’à ma tête
Non, je n’ai pas besoin de votre consentement, pas plus que vous du mien, apparemment
Je sais, je sais, je suis si désirable, que de ne pas vous en faire profiter serait peu charitable
Je n’ai pas dit non, je n’ai pas dit oui, mais servez-vous, je vous en prie,
Ce n’est que de mon intimité, mon avenir, dont il s’agit

Faites donc devenir vos pulsions ma cage, ma prison,
Et je n’aurai pas de raison de vous en vouloir,
Je n’avais qu’à rentrer plus tôt ce soir
Et puis ne pas porter ce joli décolleté
Qui était là, c’est sûr, pour vous aguicher

Et de toutes façons Paul, c’est juste un collègue, il n’a pas de couteau, s’appelle pas “Mohammed”
Et si tu dis, qu’il a “grab your pussy” c’est ta parole contre la sienne
Tu ne porteras pas plainte, tout de même, tu risquerais de lui gâcher la vie

Droit d’importuner
Droit d’un porc, tu nais ?
Droit d’un porc tu n’existeras jamais.

Victoria Patillas Navas, lauréate Automne 2017

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