Atelier “Repenser l’Europe”

Dans le cadre de la 28ème Université de l’engagement, l’atelier participatif “Repenser l’Europe”, a permis un débat très intéressant, plein d’idées novatrices, sur les questions qui inquiètent aujourd’hui l’UE des citoyens.

Animé par une ancienne lauréate, il s’agit donc d’une entreprise hautement responsable et autonome, pleine de sens pour tous les participants volontaires. Ainsi les discussions, malgré certaines divergences de points de vue, se sont passées dans une réelle envie de requestionner le projet européen, une repolitisation de la question européenne.

Question initiale : Qu’est-ce que l’Union Européenne pour vous ? Durant cet atelier nous sommes partis d’une question, en apparence simple : Qu’est-ce que l’Union Européenne pour vous ? Exprimer des faits objectifs est toujours chose facile, mais quand il s’agit de parler des émotions, ce qui manque certainement au projet européen, la tâche est plus difficile. Pour cela, nous avons utilisé la technique du Photolangage qui, en partant d’une image choisie par chaque personne parmi de multiples propositions, permet d’évoquer des éléments parfois insoupçonnés.

Débat libre sur la conscience d’être Européen. Le débat s’est ensuite poursuivi plus librement surtout à propos de la thématique de la “conscience européenne” qui devrait être possible pour chacun.

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Cet atelier participatif démontre clairement que selon nous, il faut un projet culturel fort. Le sentiment partagé des participants et que ce projet n’est pas suffisamment profond, sensé et naturel. En effet, l’entreprise est déléguée à une Europe technocratique, pourtant ce n’est pas la mission des institutions, elles n’ont pas été créées pour faire le projet qui touche le cœur des Européens, mais pour le soutenir. Cela provoque donc cette situation de couper le projet de toute émotion.

Il s’agit donc de conquérir de nouveaux champs démocratiques, plus en lien avec les préoccupations actuelles, faire évoluer les droits fondamentaux. Également, nous proposons de se tourner vers une dimension plus humaine du projet, une relation de confiance avec les citoyens, et des relations plus horizontales. Cela passe notamment par un lâcher-prise vis-à-vis de la grande production de textes et de formalités. Pratiquer et surtout laisser pratiquer l’Europe au quotidien, laisser s’approprier la conscience européenne de manière informelle. Accepter de ne pas avoir la main sur tout, car en pratique les participants sentent que de nombreuses choses, émanant de la société civile, sont déjà faite au quotidien.

Nous n’avons ni la prétention d’apporter des solutions toutes faites, car c’est à chacun de se créer sa propre solution, en accord avec son environnement. Nous n’avons pas non plus la prétention d’une quelconque évacuation des institutions qui représente un cadre plus que nécessaire à ce projet ambitieux mais fragile.

Nous souhaitons plutôt susciter des questionnements, car aujourd’hui il semble plutôt qu’il faille se poser les bonnes questions au lieu de se hâter à la production de solutions à une situation qui finalement échappe à tous. Il faut que la démocratie se reconnecte à la réalité européenne, comme projet et nous sommes tous responsable de requestionner ce projet européen. La question n’est donc pas si nous avons besoin de l’Europe, mais plutôt de quelle Europe nous avons besoin.

La difficulté est que la réponse à cette question n’est pas une affirmation mais une série de questions à se poser pour un changement de paradigme.

Et un participant concluant : “Laissez-nous, on sait faire”, à comprendre par une volonté, un besoin, une demande de relation de confiance envers et entre tous !

Léa Klein, lauréate Printemps 2017

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