Compte-Rendu des conférences de Jean Tirole et Jean Jouzel

 

Lors de la 30ème Université de l’Engagement qui s’est déroulée du 28 juin au 4 juillet 2019, deux conférences en particulier, celle de M. Jouzel Jean, glaciologue et climatologue ayant exercé au GIEC et celle de M. Tirole Jean, prix Nobel d’économie en 2014, ont abordé un peu plus en profondeur la question du réchauffement climatique. L’occasion dans cet article de faire le point sur le passé, le présent et les avenirs de notre planète. 

Comme l’a rappelé le scientifique Jean Jouzel lors de sa conférence « Réchauffement climatique, les jeunes sont doublement concernés », cela fait plusieurs décennies que la communauté scientifique s’intéresse au climat et à son évolution à différentes échelles. Particulièrement développées en laboratoire avec l’apparition de nouvelles technologies permettant d’analyser la composition chimique des carottages et d’effectuer des datations radiométriques, ces recherches sur le climat ont permis aux scientifiques d’établir sur plusieurs millions d’années l’évolution climatique de la Terre et d’étudier plus précisément ses conséquences sur la géomorphologie et la biodiversité. Grâce à ces découvertes avant tout centrées sur le passé de notre planète, les scientifiques ont pu comprendre plusieurs mécanismes climatiques et leurs études ont révélé une anomalie sans précédent dans la variation actuelle des températures : le réchauffement climatique. Évoquée dès les années 1960 par la communauté scientifique, la question du réchauffement climatique a longtemps fait débat. Ce n’est que tardivement, au début des années 2000, que des modélisations réalisées par le GIEC ont permis d’affirmer à l’international que l’importante élévation de la température globale ne relevait pas simplement d’une variation due au forçage naturel mais était en grande partie due aux activités humaines. Ainsi, si le rôle d’homo sapiens dans le réchauffement climatique a longtemps été minimisé, démenti voire ignoré et fait encore actuellement l’objet de certaines controverses, il est aujourd’hui du point de vue scientifique impossible de nier la causalité qui nous lie au réchauffement climatique. D’autant plus que cette réalité nous concerne à double titre puisque nous en sommes à la fois coupables et victimes. 

Parmi les activités anthropiques responsables du réchauffement climatique sont avant tout concernées les activités qui rejettent dans l’atmosphère de grandes quantités de gaz dit à effet de serre. Ces gaz qui absorbent les rayons infrarouges emprisonnent sur Terre la chaleur émise par les rayons solaires. Le Co2, que nous rejetons chaque année dans l’atmosphère à hauteur de 42 milliards de tonnes arrive en tête de classement des gaz qui accroissent le plus le réchauffement climatique, suivi par le rejet de méthane CH4, de protoxyde d’azote N2O et de différents chlorofluorocarbures. Si le CO2 est essentiellement émis par des activités qui nécessitent l’usage de combustibles fossiles tels que le pétrole et le charbon et concernent de fait aussi bien les activités industrielles que ménagères, une grande partie du méthane et du protoxyde d’azote est quant à elle émise par les activités agricoles. De fait, stabiliser l’effet de serre et limiter le réchauffement climatique qui nous touche actuellement apparait en soi être un véritable défi car pour y parvenir il est nécessaire de repenser l’ensemble de nos activités et d’agir simultanément dans de nombreux domaines. 

Il y a urgence. Comme l’a rapporté Jean Jouzel lors de son intervention, les cinq dernières années que nous avons vécues sont les années où les valeurs moyennes de la planète enregistrées sont les plus chaudes depuis près de deux siècles. Et ces valeurs sont amenées à évoluer encore à la hausse comme le prouve un grand nombre de scénarios d’anticipation modélisés par le GIEC qui prévoit, si nous n’agissons, pas une élévation globale de la température à +4°C d’ici l’horizon 2100 ; élévation qui engagerait définitivement le pronostic vital de l’humanité. Car les conséquences du réchauffement actuel qui s’élève à +0.3°C par décennies depuis le début du XXIème siècle sont déjà multiples et sans appel : diminution des surfaces neigeuses, fonte rapide des glaciers, élévation du niveau des océans, désertification et érosion des sols, dégel du permafrost, disparition de nombreuses espèces animales et végétales… Parmi les exemples édifiants cités par le climatologue lors de sa conférence : celui des océans qui absorbent à eux seuls 93% des GES émis. En absorbant les gaz à effet de serre, les océans se réchauffent et s’acidifient. Cette acidification entraîne la destruction de nombreux écosystèmes maritimes, comme celui de la grande barrière de corail, écosystème vieux de plusieurs millénaires classé au patrimoine mondial de l’UNESCO qui meure en silence un peu plus chaque jour. Si les écosystèmes les plus fragiles sont pour l’instant les plus vulnérables, c’est l’ensemble de la biodiversité mondiale qui connaît des difficultés d’adaptation et risque, sur le long terme, de disparaître.

 Dans un tel contexte, les capacités d’adaptation de l’espèce humaine sont-elles aussi à interroger. L’élévation des eaux, la disparition de la biodiversité et les importants dérèglements climatiques engendrés par le réchauffement menacent les populations, leurs habitats et leurs activités. Cette dernière décennie les sécheresses se sont accrues à l’échelle du globe avec des épisodes caniculaires records. Les inondations sont également en augmentation et un accroissement significatif du nombre de cyclones et de typhons dans les zones tropicales a été observé. Si rien n’est fait au niveau international pour enrayer le réchauffement climatique, ces catastrophes naturelles vont devenir d’après les experts de plus en plus fréquentes et surtout de plus en plus intenses. Ces dernières accentueront alors des disparités préexistantes avec de lourds impacts environnementaux, humains et économiques. Les crises sanitaires qui touchent essentiellement les populations les plus défavorisées risquent de se multiplier et de se diffuser plus rapidement. La sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable qui font d’ores et déjà l’objet d’inégalités deviendront deux enjeux prioritaires pour l’ensemble des populations car les ressources agricoles, halieutiques et hydriques vont considérablement se réduire. Cette raréfaction des ressources nécessaires à l’homme pour vivre, incompatible avec les projections qui annoncent pour les décennies à venir une forte croissance démographique, risque d’engendrer des conflits majeurs qui menaceront l’équilibre international. Et cette instabilité géopolitique sera aussi accentuée par l’augmentation des exodes sur l’ensemble des continents : plusieurs populations seront contraintes de quitter leur région trop exposée à des aléas climatiques récurrents ou devenue trop aride pour y vivre. Les estimations concernant le nombre de réfugiés climatiques à l’horizon 2050 varient en fonction des sources mais toutes annoncent une augmentation sans précédent du nombre d’exodes à l’échelle planétaire, qu’elles soient interrégionales ou internationales. Si les pays qualifiés de sous-développés sont injustement les premiers à être touchés de plein fouet par ces dérèglements climatiques entrainés par les fortes émissions de gaz à effet de serre provenant majoritairement des pays développés et de ceux en voie de développement, c’est à terme les pays dans leur ensemble qui seront contraints de faire face aux conséquences du réchauffement climatique. 

 Bien qu’avertis par la communauté scientifique des crises majeures vers lesquelles nous nous dirigeons, les États peinent à réagir. Déjà engagée lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, la discussion concernant la réduction des gaz à effet de serre n’a commencé à prendre forme qu’en 1997 lors de l’établissement du protocole de Kyoto, protocole qui engageait plusieurs États à réduire d’environ 5% leurs émissions de GES entre 2008 et 2012 par rapport à l’année 1990 choisie comme année de référence. Rentré en vigueur en 2005 après huit ans de négociations périlleuses, le protocole de Kyoto marquait un premier pas, certes timide, mais un premier pas tout de même vers une coopération internationale en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Néanmoins, les dissensions internationales et surtout les iniquités d’engagement entre les différents pays signataires ont affaibli la portée de cet accord environnemental historique. En 2009, le débat international autour du réchauffement climatique est relancé lors de la conférence de Copenhague. Ayant à l’origine pour principal objectif d’établir un nouvel accord mondial pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, la conférence de Copenhague se solde par un échec en demi-teinte. Si les États participants ont reconnu la nécessité de limiter le réchauffement climatique à +2°C d’ici la fin du siècle, cette COP 15 a prolongé l’inaction internationale avec entre autres l’absence d’objectifs chiffrés et l’avortement des négociations visant à établir un nouvel accord contraignant juridiquement les États à réduire leurs émissions de GES. C’est donc avec beaucoup d’espoir que le monde entier, ou presque, a tourné ses yeux vers Paris en 2015 lors de la COP 21 qui avait pour objectif de mettre un terme aux tergiversations internationales qui sclérosent la lutte contre le réchauffement climatique.

 L’accord de Paris, accord qui vient supplanter le protocole de Kyoto, confirme sur papier la volonté des États d’agir pour limiter la hausse globale de la température à +2°C en 2100 et engage chaque pays avec des objectifs différenciés selon leur développement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Signé par 195 pays et rentré en vigueur en 2016 grâce à la ratification de certains pays grands émetteurs de GES comme le Canada, la Chine, l’Inde et les États-Unis, l’Accord de Paris reste néanmoins selon Jean Jouzel insuffisant pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique car les objectifs fixés par la COP21 n’obligent pas les États à changer radicalement de cap pour se diriger vers la neutralité carbone. Ainsi, la trajectoire prise actuellement nous conduit plus vers une hausse au-delà des 3°C d’ici la fin du siècle. Pour limiter le réchauffement climatique comme l’annonce l’accord de Paris à +2°C voire à +1,5° il est nécessaire, d’après les recherches scientifiques et les modélisations du GIEC, de réduire de 40% à 70% nos émissions de GES avant 2050 puis d’atteindre la neutralité carbone en 2100. Et si l’échéance de 2050 paraît dans l’agenda à court terme des politiciens bien lointaine, cette dernière se rapproche pourtant à vive allure. Il devient de fait de plus en plus difficile de croire pour le spécialiste que, dans un contexte politique mondial où les promesses et l’inertie prennent souvent le pas sur l’engagement, le seuil presque symbolique des +2°C ne sera pas dépassé avant la fin du XXIème siècle. Et ce d’autant plus lorsque les États-Unis, deuxième plus grand émetteur de CO2 derrière la Chine affirment désormais, quatre ans après leur ratification, vouloir se retirer de l’accord de Paris. Un retrait qui remettrait en cause l’universalité de ce traité multilatéral et favoriserait le repli potentiel de plusieurs pays. En matière de réchauffement climatique plus qu’ailleurs : un pas en avant, deux bonds en arrière. Un leimotiv qui sied mal à l’urgence climatique.

Alors comment expliquer qu’il soit si difficile d’agir ?

 Les tergiversations lors des conférences internationales sur le climat montre bien qu’il est particulièrement délicat géopolitiquement parlant de réunir plusieurs États autour de la même table pour parvenir à des accords universels équitables et à des réglementations juridiques ou financières efficientes. Si les négociations sont lentes et périlleuses c’est avant tout parce que comme dans les autres domaines les pays pensent avant tout à défendre leurs propres intérêts à la fois économiques et sociaux. Mais face au réchauffement climatique qui met en péril notre avenir commun, il est indispensable selon Jean Jouzel que les États réfrènent cet égoïsme propre au fonctionnement régalien pour parvenir dans ce domaine comme dans d’autres à plus de dialogue et à une meilleure collaboration internationale. Cette nécessité de dialogue et d’échanges pour parvenir à une meilleure cohésion et à plus de consensus sur la scène internationale a également été évoquée par Jean Tirole lors de sa conférence « Bien commun, écologie, emploi ». Pour ce spécialiste en économie, la lutte contre le réchauffement climatique est avant tout une affaire d’intérêt général universel : il s’agit du notre mais surtout de celui des générations qui nous succéderont. 

Sous les difficultés rencontrées sur le devant de la scène politique se cache en coulisse beaucoup d’autres motivations avant tout économiques qui expliquent la très lente mise en place de mesures effectives pour lutter contre le réchauffement climatique. À la défaillance étatique s’ajoute donc l’inertie des marchés financiers et des grandes entreprises. Réduire nos émissions de GES de 40 à 70% d’ici 2050 avec pour finalité d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2100 obligeraient non seulement les États mais aussi les entreprises à agir dès maintenant dans nombreux secteurs d’activités particulièrement énergivores et polluants comme le secteur résidentiel-tertiaire, l’industrie, les transports ou encore l’agriculture. Un défi de taille pour nos sociétés qui reposent essentiellement sur l’exploitation et la transformation de ressources fossiles et sur l’hyperconsommation de biens et de services. Cette ambition de transformer ces différents secteurs d’activités pour qu’ils soient plus écologiques a donné naissance ces dernières années aux concepts clés de développement durable et de croissance verte soutenus par différentes personnalités publiques, entreprises et lobbyistes ; concepts dans lesquels l’innovation technologique ainsi que le développement d’énergies « propres » et d’énergies renouvelables occupent une place centrale. Néanmoins, s’il semble évident que les nouvelles technologies et l’ingénierie de pointe peuvent aider à lutter contre le réchauffement climatique, il ne faut pas oublier que ces dernières nécessiteront des matières premières et de l’énergie qui, quelles que soient leurs modalités d’exploitation et de production, auront un impact environnemental. L’exemple ambivalent de la place du nucléaire dans les débats est à ce titre évocateur. Ni fossile, ni renouvelable, le nucléaire est bien souvent considéré comme une énergie « propre » car il n’émet lors de sa production que très peu de CO2, son exploitation pose néanmoins plusieurs problèmes environnementaux. La construction des centrales reste dépendante de matériaux produits grâce aux énergies fossiles tandis que l’extraction de l’uranium et son transport, la gestion des déchets radioactifs et les grandes quantités d’eau nécessaire à son fonctionnement ont de nombreux impacts environnementaux auxquels peuvent s’ajouter des dommages sanitaires dans le cas d’une faille comme l’a récemment démontré l’accident de Fukushima dans la région de Tohoku au Japon. Il est donc important de ne pas sous-estimer la pollution que les différentes formes d’énergies et plus largement les innovations technologiques développées dans nombreux secteurs (scientifique, numérique, industriel…) sont susceptibles d’engendrer sur le long terme car il est aujourd’hui compliqué d’évaluer, pour certaines énergies et certains matériaux, les difficultés environnementales qui pourront être liées à leur production et par la suite à leur utilisation, entretien, stockage et recyclage. Aux futures générations de gérer une fois de plus les éventuels dommages collatéraux environnementaux, sanitaires voire éthiques qui pourront être causés par l’accroissement de ces nouvelles technologies. 

De plus, il est d’après Jean Tirole illusoire de penser que les secteurs de l’innovation pourront à eux seuls remédier à la crise environnementale tout en garantissant la pérennité de notre système socio-économique actuel. Tout d’abord parce que la recherche et l’innovation demandent beaucoup de temps pour aboutir à des solutions efficientes, d’autant plus si ces dernières doivent être accessibles économiquement au plus grand nombre. Ensuite parce que ces secteurs coûtent cher et nécessitent des investissements réguliers que tous les pays ne peuvent pas fournir. Enfin parce que même si ces secteurs auront forcément un rôle à jouer, l’avènement d’une croissance verte qui leur serait liée relève plus pour cet économiste de l’utopie. En effet, il est difficile de croire qu’il sera possible de maintenir notre système consumériste actuel particulièrement énergivore et polluant grâce aux seules évolutions technologiques. Mais faut-il pour autant opposer croissance et décroissance et exclure de facto le développement économique de l’écologie ? Pas forcément pour Jean Tirole qui a rappelé lors de son intervention qu’écologie et économie loin d’être antinomique partagent jusqu’à leur étymologie. Pour lui, la lutte contre le réchauffement climatique ne consiste pas à enrayer définitivement un modèle capitaliste qui s’est universalisé et a permis le développement de nos modes de vie mais plutôt à interroger ses limites et à le remanier pour parvenir à un capitalisme plus raisonné et plus solidaire où les richesses produites sont redistribuées plus équitablement. Il est indispensable que les entreprises au même titre que les États s’engagent pour réduire l’écart économique qui sépare aujourd’hui les différentes classes sociales afin de garantir des revenus décents permettant aux foyers d’être libre de consommer autrement et d’assurer leur propre transition écologique. Une revalorisation financière qui rendrait également moins délicate pour cet expert en faveur d’une tarification CO2 l’instauration définitive d’une taxe carbone basée sur l’établissement d’un prix unique et mondial du CO2 où les redevances seraient calculées à la proportionnelle. L’établissement de ce système fondé sur le principe du pollueur-payeur marquerait pour lui et pour plusieurs autres économistes une avancée significative dans la lutte contre le réchauffement climatique. La taxe carbone mondiale serait un outil financier au service de la transition écologique car dans un monde où l’argent est – pour citer Jean Tirole la seule arme – ce n’est d’après lui qu’en réprimant financièrement les différents acteurs de la société qu’il sera possible de les responsabiliser et de garantir un changement de cap rapide. À condition bien sûr que les abus soient correctement sanctionnés et que les efforts fournis par les pays moins fortunés et les personnes les moins aisées financièrement soient pris en compte et compensés à leur juste valeur. 

Responsabiliser les différents acteurs que ce soit de gré ou de force, voilà où semble finalement se situer le véritable nerf de la guerre pour faire face à l’urgence climatique. Pour Jean Jouzel comme pour Jean Tirole il est indispensable que chacun : États, entreprises, institutions publics ou privées, collectivités, individus soit impliqué dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les citoyens doivent eux-aussi être conscient que leurs choix et leurs actions ont un impact sur l’environnement que ce soit directement dans leur pays ou indirectement à plusieurs milliers de kilomètres. En tant que consommateurs, ces derniers peuvent chaque jour à leur échelle contribuer à réduire les émissions de GES et plus largement la pollution environnementale sous toutes ses formes en adoptant un comportement plus écologique sans pour autant retourner à l’âge de pierre. Par exemple, utiliser les transports en commun et le covoiturage, réaliser des courts trajets à pied ou à vélo, revoir son alimentation, limiter sa production de déchets, diminuer sa consommation de produits high-tech, privilégier le do-it yourself et surtout réduire le gaspillage qu’il soit alimentaire, vestimentaire ou énergétique sont autant de petites résolutions individuelles parmi plusieurs centaines d’autres qui peuvent collectivement faire la différence. Les consommateurs doivent aussi prendre conscience qu’ils peuvent ensemble exercer une pression sur les entreprises. Si dans notre société l’offre stimule trop souvent la demande grâce à des techniques de marketing bien rodées, la demande peut aussi à contrario influencer l’offre et ainsi forcer à terme les entreprises à réorienter leurs productions en respectant des chartes environnementales et éthiques plus strictes qui répondront aux nouvelles exigences de la clientèle. De manière générale, réévaluer ses besoins pour consommer moins mais mieux est l’un des principaux facteurs clés qui garantira la pérennité des ressources de la planète pour les générations futures. Valoriser les actions, les initiatives et les projets portés par la société civile et reconnaître l’utilité grandissante du milieu associatif en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de préservation de l’environnement est également un moyen d’encourager les individus à s’impliquer davantage. Dans cette optique de responsabilisation des différents acteurs, l’éducation et la prévention ont aussi, comme l’ont souligné les deux intervenants, un grand rôle à jouer. Principal outil pour sensibiliser le plus grand nombre à la cause climatique, l’éducation doit notamment être une priorité pour éveiller les consciences et donner envie aux jeunes générations (et au moins jeunes) de réfléchir, de débattre, d’innover et de se mobiliser. 

Le futur de la planète, de sa biodiversité et par extension notre propre avenir et celui des générations qui nous suivront est en jeu. Même si l’horloge tourne, il est primordial que le courage, l’engagement et la solidarité prenne le pas sur la peur, l’indifférence et l’individualisme. Alors au lieu de construire des murs, érigeons des ponts. 

 

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